Le reportage: Les tribulations d'un French Gooner à St James' Park

Le jour était enfin venu. Le jour où pour la première fois j'allais
voir mes gunners jouer "pour de vrai".
N'étant pas (encore) Red
Member, l'accès aux places m'était quasiment impossible, sauf en
vente
"grand public". Ce fameux "game in hand" (match en retard) contre
Newcastle, qui tombait un mercredi soir à 19h45, sans train pour
rentrer sur Londres après le match, allait sûrement être disponible.
Et habitant à York, j'étais idéalement situé. Le malheur des uns
faisait donc mon bonheur.
Quelques clicks sur arsenal.com le jour de l'ouverture de la vente
au grand public, et voila, j'avais mes précieux billets. Et qui
plus est dans la tribune away. Je pensais au périple de Ronan a
Liverpool au milieu de ces Scousers, et je me disais que je ne pourrais
pas faire
de même au milieu d'une foule de Geordies excités.
Une heure et demi de train en ce mercredi pluvieux, et nous voila
- Mme Vavavoom avait décidée de tenter l'expérience footballistique
- à Newcastle. Il fait froid, il pleut, les rues sont pleines de
fans de Newcastle. Bienvenue en territoire hostile. Mme veut faire
un peu de "Christmas shopping" avant le match et me traîne dans
d'innombrables centres commerciaux. Bon ça suffit maintenant, on
va manger puis on va au stade ! Non mais !
Une pizza
dans le ventre, et nous voila devant St James Park et le Shearer's
sports bar. Nous trouvons vite notre tribune, la Sir John Hall Upper
West Stand. Impressionnante et vertigineuse. Nous dominons véritablement
la pelouse. Le stade se rempli petit a petit, la tribune sur notre
gauche affiche une banderole des Newcastle Ultras. Leur slogan :
'bring back the noise'. Le match des supporters peut commencer !

Nos joueurs font
leur entrée sous les applaudissements et chants du contingent 'away'.Mais
a peine avons nous le temps de chanter quelques "We love you Arsenal"
ou "We are top of the league" qu' Adebayor contrôle superbement
et marque. Tout le stade est silencieux. Tout, sauf ce petit coin
perché qui chante 'A-de-ba-yor' en boucle. 1-0 to the Arsenal. Le
match continue dans la bonne ambiance, Arsenal cherche son rythme
et commence a construire. Mais c'est le "same old Arsenal". Les cris
de "shoot ! shoot Tomas !" n'ont aucun effet sur notre génie Tchèque.
On va y arriver, on va marquer le deuxième but. Puis c'est déjà
la mi-temps.
La 2eme mi-temps commence bien niveau tribune. Des "Sacked in the
morning" (viré demain matin) et "Have you ever see the Geordies
win the league" sont dirigés vers les Newcastle Ultras. Mais Newcastle
a trouvé une envie de gagner. Les mots de Sam Allardyce ont du être
convaincants. Newcastle menace. Arsenal ne sait plus quoi faire.
Coup franc pour les magpies. Je ne le sens pas. Je sors l'appareil
photo et je filme. Mauvais dégagement d'Arsenal, re-centre, et frappe
de Taylor. BUT !!!!!!!!!!! Le stade explose, la tribune away est
muette. Et moi qui disait que ça sentait pas bon.
Les fans
sont remontés, Newcastle continue a pousser. Je me dis qu'on a de
la ressource, qu'on marque toujours à la dernière minute. Mais la
on est privé de notre moteur (Flamini), de notre pièce maîtresse
(Cesc) et de notre créatif (Hleb). Sans parler de Van Persie. Sur
le terrain Eduardo n'est pas convaincant, Eboué moyen. "Theo ! Theo
!" , chantent les gooners. En vain. Bendtner fait son entrée.

Le temps défile.
La physionomie du match change. Ce n'est plus "on va marquer", c'est
"ils vont marquer". On joue tellement mal que les
chants de "Are you Tottenham in disguise" se retournent contre nous.
Venir ici pour être comparé a Tottenham ? Venir ici pour voir une
défaite ? Non merci.
Il faut absolument tenir. 73eme, 85eme, 89eme...et
enfin l'arbitre siffle la fin de la rencontre.
Les fans d'Arsenal sont réalistes. L'équipe manquait de créativité,
de vitesse, d'envie. Newcastle s'est rattrapé en deuxième mi-temps.
Le nul semble juste pour les deux équipes.
Pas le temps de trop
réfléchir, il faut rejoindre la gare pour prendre le dernier train
du soir. Deux heures de train plus tard (retard pour cause de travaux
sur la voie !), j'arrive fatigué chez moi, mais tellement heureux
d'avoir pu assister a un tel spectacle.
Quelle ambiance en tribune
! Il me reste plus qu'à faire de même à l'Emirates.
Rendez-vous
très bientôt !
Un reportage de Charles (Vavavoom) vécu in situ le 5 Décembre 2007.